Mardi 17 octobre

9h. Nous voici tous installés au coin regroupement. Le collectif classe réuni.

Et une « maîtresse », moi, pas vraiment à l’aise, suite à la journée d’hier. J’explique aux enfants que je suis triste de m’être mise en colère, d’avoir prononcé des mots menaçants. Je présente mes excuses à Alexandre et Fabio qui ont pleuré suite à mes propos. Pas fière de ce que j’ai fait et dit. Je rajoute que je constate que quand je suis fatiguée, je ne réussis pas à faire ce que je voudrais et que je conçois que cela soit pareil pour eux. Le droit à l’erreur, au « J’ai fait avec mes moyens du bord ». Le droit, aussi, de ne pas être disponible dans sa tête, à un moment donné, pour vivre un temps d’apprentissage.

Les enfants écoutent dans un grand silence qui se prolonge après mon intervention. Je leur demande si ils souhaitent réagir. Laura dit : « Mais c’est normal, tous les adultes font ça, ils crient pour que nous écoutions », Paul rajoute : « Les maîtresses aussi mais pas toi ». Je leur fais remarquer qu’hier, j’ai crié et ils me répondent : « Mais c’était exceptionnel ». Lino qui rajoute joyeux: « Moi, je suis content que la maîtresse ait vidé son sac! ». Et enfin plusieurs: « Je voudrais parler de la sortie de demain » (déjà prêts à passer à autre chose…). Une détente en moi.

En effet, Louise : « C’est ok de ne pas être parfait, de se rendre compte des conséquences et d’exprimer ses regrets ». Je me fais la réflexion que les enfants ont une grande capacité de pardon, de bienveillance et de compréhension à partir du moment où l’on est authentique avec eux. Touchée devant ce constat.

Après cette intervention, des enfants formulent qu’eux aussi se sentent fatigués et énervés. Du coup, je leur parle de l' »Empathie pour soi », je leur dis que dans mes moments de fatigue et d’énervement, j’ai l’habitude de faire des choses qui me ressourcent, qui me font du bien. Et je leur propose une journée avec des moments chauds et doux, « une journée de chaudoudoux ». Exclamation générale: un grand « oui! ». Modification de l’emploi du temps prévu: un temps de cahier d’écrivain (un journal personnel non lu par les adultes ), un film, un temps de relaxation prolongé et des jeux coopératifs.

Et comme une évidence: nous partageons, les enfants et moi, les mêmes besoins, alors plutôt que d’en faire une source de tension, ne s’agit-il pas de les identifier et de chercher ensemble des stratégies communes pour les combler?

Journée ressource pour le collectif.

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