Vendredi 24 novembre

La joie de partager le nouvel article écrit par Béa, la psychologue scolaire. Matinée avec notre collectif classe. De nouvelles idées de jeux pour développer la présence et la bienveillance.

« Mercredi 22 novembre 2017

Une matinée nourrissante.

Pêcheur de sons:
L’espace d’un instant, trente paires d’oreilles ouvertes aux sons, à l’intérieur et à l’extérieur de la salle, même les plus ténus. Ecoute de la vie qui palpite autour de nous. L’attention mobilisée, se laisser surprendre par les sons qui émergent. D’abord les accueillir, sans les identifier, juste les percevoir, les ressentir … rester dans l’univers sonore, l’expérience sensible, sans aller de suite dans le mental (comme le propose Christophe André). Et en même temps si des pensées et des mots arrivent, les accueillir avec bienveillance, en observateur, puis revenir à l’univers sonore. Percevoir le silence entre les sons, le silence qui permet de distinguer plus encore des sons que nous n’avons peut-être pas l’habitude d’entendre.
Laurent rayonnant quand il partage avoir entendu la cloche de l’église, et Thierry tout sourire lorsqu’il nous dit avoir entendu le tic tac de la pendule de la classe… temps suspendu. C’est doux et léger. Présence, intensité, instantané …

Rencontre:
Nous voilà partis à l’aventure … Nous nous déplaçons dans l’espace que nous avons aménagé dans la classe pour l’atelier. Dans un premier temps, chacun chacune reste dans sa bulle, centré(e) sur soi (avec quoi j’arrive, avec quoi je suis là maintenant, comment je me sens ?), le regard tourné vers l’intérieur … des regards vers le sol, des mains pour cacher les visages, des coups d’œil furtifs … Puis l’ouverture commence à poindre, le deuxième temps est un moment de découverte de l’autre. Lorsque je le croise je le regarde … des regards fugaces, d’autres plus appuyés, amusés, rieurs .. d’autres encore qui se cachent un peu … et un troisième temps intense et émouvant : la rencontre. Quand je veux, si je veux, si je m’y sens prêt(e), lorsque je le sens, je peux m’arrêter devant celui ou celle dont je croise le regard. Et là je prends le temps de goûter sa présence, ma présence à cet autre, l’intensité de ce regard, découvrir « autrement » son visage que je vois tous les jours depuis plusieurs semaines (lors du partage Pascale dit « j’ai vu des choses que je n’avais jamais remarquées sur les visages …). Plonger dans le regard de l’autre, parfois en hésitant, d’autres fois pleinement et intensément. Découvrir l’autre et me découvrir dans son regard. Et dans ce moment de rencontre, quand c’est le « juste » moment, qu’il est temps pour soi, chacun(e) peux choisir de s’éloigner et partir pour continuer son chemin vers d’autres rencontres … des clins d’œil, des sourires … des rencontres éphémères et pourtant tellement présentes et nourrissantes !
Nous sommes là, reliés, présent(e)s, prêt(e)s pour l’activité suivante : l’oiseau silencieux.
Tous les enfants assis en cercle reçoivent un masque qu’ils posent sur leurs yeux et ils deviennent ainsi des oiseaux qui ne pourront se fier qu’à leurs oreilles. Je fais le tour du cercle, présent, dans l’attente, tranquille et je désigne celui ou celle qui sera l’oiseau silencieux en posant ma main sur son épaule. L’oiseau silencieux enlève son masque et restera immobile sur toute la durée du jeu. Lorsque la présence et l’écoute sont palpables je donne le signal du début. Chaque enfant/oiseau se déplace alors, les yeux bandés, et lorsqu’il entre en contact avec un autre enfant/oiseau, le sollicite par un « cuicui ». S’il s’agit de l’oiseau silencieux il ne répond pas et l’oiseau voyageur qui vient de le rencontrer reste accroché à lui et devient lui aussi silencieux. Sinon, cet oiseau de rencontre répond également par un « cuicui » et l’oiseau voyageur continue son chemin vers d’autres rencontres dans l’objectif de trouver l’oiseau silencieux.
Le début du jeu est joyeux, une volée de « cuicui », timides parfois au départ, puis plus intenses, et peu à peu le silence. Tous les oiseaux sont devenus silencieux en touchant l’oiseau silencieux ou un oiseau qui l’est devenu à son contact. Je note la douceur dans les contacts, le respect et l’attention envers chacun et chacune lorsque la trentaine d’oiseaux se retrouvent tous en contact les uns avec les autres, immobiles, dans un final silencieux.

Ecoute, présence, rencontre, contact, bienveillance …
Heureuse d’avoir contribué et d’avoir été le témoin discret de cette qualité de présence et de ces rencontres bienveillantes. »

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