Mercredi 6 décembre

11h10, la fourmilière en plein travail, par groupe ou seul, sur fichier, avec un jeu, un livre … au choix. Et quelques enfants autour de moi, décidés à réciter leur poésie. Théo est là, il s’agite. Son tour arrive, il fond en larme, la tête dans ses mains. Je ne comprends pas ce qu’il se passe, je lui demande, il ne répond pas. Louis est debout à côté de lui, il lui pose alors la main sur l’épaule et m’explique, la voix grave : « Je sais ce qu’il lui arrive, il a le trac, cela l’angoisse de te réciter la poésie, moi aussi j’ai ressenti ça vendredi « . Je comprends que Louis est venu pour soutenir son camarade. Entre deux sanglots Théo confirme qu’il a appris sa poésie mais que devant moi il n’y arrive pas. Je suggère alors à Théo de choisir un enfant qui a appris la même poésie que lui pour la réciter à deux. Théo m’explique qu’il a déjà cherché dans le groupe et que personne a appris la même poésie que lui. Louis propose : « Si tu veux, moi, j’apprends la même poésie que toi la prochaine fois ». Entre temps Tom et Sofiane sont arrivés, ils entourent Théo et lui disent : « Mais tu viens de nous réciter ta poésie dans le couloir! Vas-y, on est avec toi! ». Et je rajoute : « Oui, on est tous avec toi Théo! ». Sofiane s’exclame : « On a qu’à retourner dans le couloir avec la maîtresse et là tu pourras sûrement réciter ». J’acquiesce. Sauf que Théo explique qu’il est bloqué. Je décide alors de le laisser avec ses camarades et propose de revenir dans quelques minutes. Je les observe de loin. Des mots et des gestes à la fois chaleureux et entraînants. Le collectif qui soutient un des leurs. Touchée de les voir ainsi.

Théo n’a pas récité sa poésie aujourd’hui, je lui ai finalement proposé de reporter à demain. Laisser passer l’émotion du moment.

Je mesure que ce qui est anodin pour moi: réciter quelques lignes de poésie devant la « maîtresse » peut déclencher beaucoup de stress chez un enfant. Garder cela en tête. L’angoisse, ce frein inhibiteur d’apprentissage.

Et envie, aussi, de soutenir Théo, de revenir le voir demain avec un « Comment puis-je t’aider à relever ce challenge? » . Théo m’a déjà expliqué, avec ses mots, se sentir submergé par ses émotions. Comme je te comprends … Partage avec Théo, quelques mots pour lui, pour moi: « Ta sensibilité, c’est ta force Théo… C’est notre force à nous deux, à nous tous ».

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