Mercredi 28 mars

Fin du temps de regroupement, les élèves qui se lèvent pour retourner à leur place et Eva qui me chuchote : « Maman, elle m’a demandé si on allait faire la minute de silence en hommage au gendarme tué dans l’attentat ».

Le signal que j’attendais pour déclencher (ou pas) ce sujet. Laisser la spontanéité à tout élan d’hommage.

Je propose donc aux enfants de se rassoir et relais les mots d’Eva, à sa demande.
Tous veulent parler en même temps. Une agitation qui monte.
Je tente de rétablir le silence, consciente qu’une émotion est là, je demande qui souhaite dire comment il se sent. Tour de paroles. Des « J’ai peur » formulés et ce « Pourquoi? »…

Un sentiment d’impuissance en moi. Juste capable d’accueillir leurs émotions et la mienne.

Puis ma question, la voix vibrante : « Souhaitez-vous faire un hommage? Si oui lequel? ».

Un « oui » spontanée à l’hommage.

Surprise par la première proposition : applaudir pendant une minute. Mes larmes pas loin …
Léo propose de chanter la Marseillaise, Paul de faire une minute de silence.
Décision: faire les trois.

Un silence complet suivi d’applaudissements et de ce chant. L’énergie du vivant au milieu de la peur, face à la mort.

Hommage du collectif.

Mes larmes qui coulent …

Et cette question, comme une urgence, adressée à nos dirigeants : « Qu’attendons-nous pour placer l’empathie au cœur des apprentissages scolaires? … »

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